Strip-teaseuse en Australie, le témoignage de Laura

par admin
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Être strip-teaseuse en Australie fait partie des expériences pour certains PVTistes. Que ce soit pour gagner de l’argent ou pour tenter une expérience unique, de nombreux backpackers choisissent cette option qui suscite beaucoup d’a priori et de questionnement.

Nous avons échangé avec Laura, backpackeuse de 33 ans, qui est arrivée dans le Queensland début 2020. Elle n’avait pas prévu de devenir strip-teaseuse et pourtant, cette expérience a été enrichissante et étonnante. À travers cette interview, elle nous partage son aventure de strip-teaseuse en Australie. 

Les débuts en tant que strip-teaseuse en Australie

Comment t’es venue l’idée de faire ce métier ?

Au début, j’ai commencé par faire du topless sur Cairns, car j’avais vraiment besoin d’argent. J’ai entendu parler d’un bar qui faisait du topless, et j’ai demandé à des copines qui m’ont un fait bon retour. Je me suis dit, pourquoi pas tenter. Le métier de topless consistait à vendre des tickets de loto à des ouvriers et j’étais payé 80 $ de l’heure. À ce moment- là, il était hors de question pour moi de faire du strip-tease. J’avais vraiment tous les clichés en tête.

Alors comment as-tu trouvé ce job ?

J’ai postulé pour plusieurs postes de serveuse topless à Brisbane, fin décembre, et notamment pour un club. J’ai reçu un appel et le jour de l’an, j’ai eu un entretien pendant 2 h durant lesquelles on m’a présenté le club. J’ai été prise pour une période d’essai, cependant, je ne savais pas que j’avais postulé pour un club de strip-tease. Finalement, j’avais une opportunité de job alors je me suis dit, pourquoi pas ! 

Comment se sont passés tes débuts en tant que strip-teaseuse en Australie ?

Malgré le fait que je ne sois pas pudique, j’étais très stressée, je m’en suis rendu malade. J’avais des appréhensions sur tout, sur la danse, les lap dance, le hustle, c’est-à-dire draguer le client pour le convaincre de venir en lap dance. Je ne savais pas comment m’y prendre. Pour moi, c’est la partie la plus dure et la plus stressante dans ce métier. Il y a aussi la barrière de la langue, la musique est généralement très forte et les Australiens ont de forts accents ! Il faut arriver à le comprendre et à se faire comprendre, pas facile au début ! Mais finalement, on y arrive. Quand c’est ta première nuit, tu es accompagnée d’une fille plus expérimentée. Elle t’aide et peut danser avec toi. C’est une sorte de marraine.

Le boulot de strip-teaseuse au quotidien

Qu’est-ce que tu fais ? Qu’est-ce que tu ne fais pas ?

Je fais tout dans ce métier. Il y a la danse sur scène avec des barres de pôle dance, les lap dance, une danse privée. Il y a beaucoup de règles et des limites à ne pas franchir, mais tout dépend de chaque club, de chaque état. La dernière chose que je fais, c’est le hustle. Ce que je ne fais pas, c’est enfreindre les limites évidemment.

Quelles sont tes conditions de travail ? (heures, pourboires, etc.)

Alors déjà au niveau des horaires, je commence à 18h40 et je finis à 3h du matin en semaine et 4h30 du matin en week-end. Il y a 30 min de pause pour manger et 5 fois 10 min dans toute la soirée. La plupart du temps, je ne vais prendre qu’un seul break, voire aucun, dans la soirée.

Tu te prépares à l’avance, tu as un espace pour te laver, un espace pour t’habiller, te maquiller, etc. Dans mon club, il y a un briefing avant et tous les soirs, il y a un meeting.

Concernant, les salaires, dans mon club, on gagne 100% des pourboires sur scène. Pour le lap dance, le club prélève une partie et te donne le reste. Ils prennent 35%. Il faut savoir qu’on est auto-entrepreneur et pas employé. Et parfois, tu as un salaire minime.

Quant à l’alcool, c’est autorisé. Cependant, il faut savoir se gérer et c’est souvent le client qui va te payer ton verre. D’ailleurs, il y a des codes avec le barman si jamais tu ne veux plus d’alcool. Je déconseille vraiment ce job pour les personnes qui ne tiennent pas l’alcool. 

Au niveau des conditions physiques, c’est un métier très dur, tu as mal au dos, au bras, aux jambes, un peu partout. Tu es généralement couverte de bleu à cause du pôle dance. Avec le work floor, c’est-à-dire la danse au sol, tu as les genoux abîmés et des brûlures. Bref, les conditions physiques ne sont pas top, mais au moins, tu te muscles et tu peux perdre du poids. 

Pour la protection, il y a un agent de sécurité, donc je pense qu’on ne risque rien. 

Comment sont les patrons et les clients ?

Dans mon club, dans l’ensemble, la clientèle est respectueuse et sympa. Il y a la clientèle jeune, souvent en groupe et ils sont fauchés. Ils ont une préférence pour les jeunes femmes minces. Il y a aussi la clientèle senior, pour eux, c’est rarement des premières fois, ils sont souvent mariés et sont attirés par des femmes plus âgées. 

Concernant les patrons, cela va dépendre des clubs. Pour ma part, ma manager était assez froide, mais avec le temps, elle est devenue sympa avec moi. Sa priorité, c’est notre sécurité, donc c’est plutôt rassurant. D’ailleurs, dans cette industrie, je préfère avoir un encadrement plutôt féminin que masculin.

Les avantages et les inconvénients du métier

Qu’est-ce que tu aimes dans le fait d’être strip-teaseuse en Australie ?

Premièrement, il ne faut pas se mentir, on fait ce métier pour gagner beaucoup d’argent. Mais finalement, ça t’apporte bien plus. D’une part, ça t’aide psychologiquement. En effet, ça améliore énormément la confiance en soi tant physiquement que mentalement. Tu vas être plus ouverte d’esprit à différentes cultures et sexualité. D’autre part, ça t’apprend à placer des limites dans ta vie privée.

Qu’est-ce que tu n’aimes pas dans ce job ?

Ce que je n’aime pas dans ce job, c’est qu’il faut être patiente. En semaine, tu peux attendre 6h sur les 8h de travail, car il n’y a pas de monde. Donc c’est ennuyant. Parfois, tu danses pour rien, car il n’y a que les filles sur scène. De plus, il peut s’avérer que certains hommes t’attendent dehors, donc c’est assez stressant. Mais en général, l’Australie est plus safe la France. 

Peut-on vraiment gagner beaucoup d’argent ?

Le mythe du strip-tease est de faire de l’argent facile, mais ça demande beaucoup d’efforts et de temps de préparation. Il faut savoir qu’au début, tu dois prévoir au moins 1000 $ de budget pour le maquillage, les vêtements, la manucure, l’épilation…

Pendant les mois de novembre et décembre, c’est de l’argent rapide et garanti dans le Queensland. Débutante ou pas tu peux te faire de très bons mois, avec des soirées à 1000 $. 

Le reste de l’année, c’est tout sauf rapide. La plupart des filles qui se font 1000 $, 500 $ par soir sont des filles qui ont entre 6 mois et 5 ans d’expérience. Si tu es une fille lambda ce n’est pas de l’argent facile, ça va te prendre du temps et je te recommande d’avoir un job à côté.

Qu’en pense ton entourage ?

Alors, concernant mes amis backpackers, ils ont trouvé ça génial, ils n’avaient pas d’avis négatifs.

L’avis de mes amis en France était un peu différent. En effet, les garçons n’ont pas mal réagi, ils ont trouvé ça plutôt cool, mais les filles avaient très peur pour moi et étaient plutôt contre cette industrie. Quant à ma famille, personne n’est au courant mis à part ma mère. Enfin, elle n’est au courant que pour le topless !

Merci à Laura pour ce témoignage sur le métier de strip-teaseuse en Australie. Elle a eu de la chance d’avoir une bonne expérience, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Si toi aussi tu as eu un job atypique en Australie, tu peux nous écrire. Nous pourrons rédiger un article sur ton expérience pour aider les futurs backpackers.

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